
Les endorphines sont libérées par le cerveau, et plus précisément par l'hypothalamus et l'hypophyse dans les situations de stress, qu'il soit psychologique ou physique, mais de façon plus significative pendant et après la pratique du sport et notamment de la course à pied.
Cette morphine endogène (produite par l'organisme) possède une structure moléculaire proche de celle des opiacées. Une fois sécrétée, elle se disperse dans le système nerveux central, les tissus de l'organisme et le sang et produit des effets bénéfiques contre angoisse, anxiété et dépression. L'endorphine est l'hormone du bonheur pour le coureur à pied.
Attention à ne pas attribuer des vertus illusoires ou illimitées à la pratique sportive. Le sport réduit les manifestations extérieures de la dépression légère ou modérée, notamment par la libération d'endorphines qui provoquent plaisir et euphorie sans risque de dépendance physique , mais il ne permet en aucun cas de faire l'économie d'une psychothérapie.

Le sport et les médicaments sont des béquilles temporaires efficaces face à des conflits psychiques ou des manifestations d'angoisse dont les causes profondes ne peuvent être identifiées que par une approche psycho-thérapeutique. L'entretien psycho-thérapeutique avec un psychologue clinicien diplomé est une situation unique que nulle autre situation ou nul autre intervenant plus ou moins bien intentionné ne peut remplacer.
La quantité d'endorphines augmente pendant l'exercice et atteint cinq fois les valeurs de repos, 30 à 45 minutes après l' arrêt de l'effort. Le taux d'endorphine est directement lié à l'intensité et à la durée de l'exercice, mais aussi à l'activité physique.
Les sports d'endurance sont les plus endorphinogènes. Le jogging, le vélo, la natation, les balades en raquettes ou en ski de fond, les sports en salle, type cardio training (rameur, tapis de course) ; mais aussi l'aérobic, le step ; les activités à efforts fractionnés (interval training) l'athlétisme, le football, le rugby, le basket ou le handball.
Il ne suffit pas de courir pour goûter aux endorphines: il faut maintenir l'effort pendant une demi heure gardant un rythme dit confortable en endurance, c'est à dire supérieur à 60% de ses capacités respiratoires. On doit être capable de tenir une conversation. Utiliser un cardiofréquencemètre permet de rester parfaitement dans cette zone d'effort.
Cet état particulier est décrit par les sportifs comme un moment d'euphorie, de spiritualité, de puissance, de grâce, de déplacement sans effort, de vision momentanée de la perfection, de flottement dans l'irréel. Les coureurs de fond parlent d'extase. Cet état persiste après l'arrêt.
L'effet anxiolytique reconnu de la morphine s'applique également aux endorphines. Dans certaines limites, Les sportifs réguliers sont moins sujets au stress que les non sportifs mais, pour diminuer angoisse, anxiété et dépression, le programme sportif doit être effectué au moins à 70 % de sa fréquence cardiaque maximale, et ce pendant au moins 20 minutes. Débutant s'abstenir. Cet effet anxiolytique persiste pendant deux à six heures. Les endorphines ne sont cependant pas les seules impliquées. Il existe en effet d'autres neuromédiateurs, notamment la sérotonine, qui exercent également un rôle actif contre la dépression.
Tout comme la morphine, largement utilisée en médecine pour ses effets antalgiques dans les douleurs rebelles, les endorphines possèdent les mêmes propriétés. Elles agissent de façon identique en se fixant sur des récepteurs spécifiques qui bloquent la transmission des signaux douloureux et réduisent la sensation de douleur. Elles élèvent le seuil de la douleur et cet effet dure quatre heures après leur sécrétion. En inhibant les douleurs d'origine musculaire ou tendineuse pendant l'effort, les sportifs peuvent maintenir leurs performances mais malheureusement certains signes de douleurs coronariennes ou d'infarctus peuvent également être masqués par cette libération d'endorphines, ce qui peut avoir de graves répercussions.
Pour permettre à l'organisme de s'adapter à cette situation de stress inhérent à l'activité physique intense, les endorphines modérent les fonctions cardiaque et respiratoire. Autrement dit, elles limitent l'essoufflement à l'effort et l'épuisement.
Les sportifs réguliers se définissent souvent comme des accros au sport. Lorsque je suis contraint d'arrêter l'entraînement, après une blessure, je suis mal dans ma peau, raconte Denis R.. J'ai tendance à perdre confiance en moi. J'ai l'impression d'être une autre personne. Dans ce cas là, pour apaiser cette sensation de manque, je trouve des substituts: le vélo d'appartement ou la musculation en salle. Ce même malaise est décrit par Corine D.: Depuis l'âge de 20 ans, je m'entraîne une heure par jour. Quand je cours, je me sens heureuse, apaisée, libérée de tous mes soucis. C'est une drogue. Lorsque j'arrête, comme c'est le cas actuellement, j'ai des douleurs inexpliquées dans tout le corps. Je suis anxieuse, de mauvaise humeur et je n'arrive pas à contrôler ces excès d'irritabilité. C'est dur pour mon couple. Je dois courir, ça me démange. Je ne peux pas m'en passer.
La question qui se pose est évidemment de savoir si les endorphines créent un effet de dépendance physique identique à celui de la morphine.
Sur ce point, les spécialistes se montrent rassurants: c'est hors de question, car les endorphines sont rapidement détruites par les enzymes de l'organisme. Il s'agit d'une dépendance psychologique. Les sportifs sont très attachés aux sentiments de bien-être et de plaisir procurés par leur activité. Ils entretiennent avec elle une relation affective très forte qu'ils peuvent difficilement interrompre.
Alors, qu'attendez-vous pour enfiler un short et des chaussures de running ?
Le bonheur est dans la course !