Le syndrome des loges

Blessures sportives - Le syndrome des loges

Le syndrome des loges d'effort est la traduction clinique de l'augmentation au-delà des normes, de la pression intramusculaire, à l'intérieur d'une loge,compromettant la circulation locale et la fonction neuromusculaire spécifique à cette loge

syndrome des loges

Description du syndrome des loges

Cette hyperpression pathologique entraîne une réduction de la perfusion capillaire avec les risques de lésions ischémiques variées du contenu de la loge

La loge ou compartiment est un espace musculaire enveloppé d'une paroi ostéoaponévrotique peu ou pas extensible.

L'élevation de la pression intracompartimentale va conduire à une situation conflictuelle entre un contenant peu extensible, et un contenu extensible

Causes

Cette situation est due:

Le syndrome des loges d'effort est souvent de diagnostic difficile et par là même d'une relative méconnaissance chez une large majorité de praticiens qui est plutôt peu familière avec le diagnostic et le management de ce syndrome relativement rare dans la pratique de la médecine générale. Le délai d'évolution avant le diagnostic a été mesuré à 24 mois en moyenne !!

Il siège le plus souvent au niveau des loges de jambe mais aussi fréquemment au niveau de celles de l'avant-bras, plus rarement au niveau de celles de la cuisse

La mesure des pressions intramusculaires (P.I.M.) tient une place prépondérante dans le diagnostic et surtout dans l'élimination des autres pathologies, l' aponévrotomie est le seul traitement qui permet la reprise des activités physiques et sportives dans de bonnes conditions

Ci dessous une aponévrotomie de la loge superficielle de l'avant bras:

  1. Fléchisseur superficiel des doigts,
  2. Fléchisseur ulnaire du carpe,
  3. Fléchisseur radial du carpe

aponévrotomie

Le syndrome des loges d'effort est souvent bilatéral dans 70 à 100 % des cas mais rarement symétrique, l'homme est souvent plus concerné que la femme, touche surtout les sujets jeunes et sportifs, le pic de fréquence se situe entre 20 et 30 ans, plus rarement l'adolescent

Sports concernés

Le syndrome des loges touche tous les sports, mais spécialement les sports d' endurance:

sports concernés par le syndrome des loges

Il se voit également dans le milieu militaire chez les jeunes recrues et peut toucher les professions manuelles et les musiciens pour les membres supérieurs

Tous les niveaux sportifs sont concernés, il s'agit en général de sportifs pratiquants régulièrement et depuis plusieurs années, mais il est parfois retrouvé un facteur déclenchant tel qu'une modification ou une reprise de l'entraînement, un changement de sol ou de chaussures, un régime alimentaire ou une prise de poids

Les signes fonctionnels

La douleur est le seul signe d'appel. C'est une douleur d'effort qui se situe en regard de la loge concernée, et n'irradie pas ou peu.

Cette douleur touche une ou plusieurs loges musculaires, sous forme de tension, de crampes, de brulures, de compression voire d'étaux. Elle apparait au cours de l'exercice physique toujours dans les mêmes conditions et oblige le sportif à arrêter son activité. A l'arrêt de l'effort, la douleur disparaît le plus souvent en 10 à 15 minutes, rarement après quelques heures.

L'évolution longtemps stable se fait lentement vers l'aggravation en plusieurs mois ou souvent années, les douleurs apparaissent pour des efforts de moins en moins importants.

L'examen clinique

Au repos, se caractérise par sa normalité ce qui permet d'éliminer d'autres affections. Le seul signe évocateur mais inconstant, serait l'existence dans 33 % des cas d'une ou de plusieurs hernies musculaires en regard des loges douloureuses. Après l'effort déclenchant la douleur habituelle, l'examen permet de constater la dureté douloureuse de la loge concernée, majoration des hernies musculaires et rarement une légère diminution de la force des muscles de la loge concernée

Le diagnostic

La mesure des pressions intramusculaires (P.I.M.) est le moyen diagnostique actuel de référence et de certitude de syndrome des loges d'effort

Les mesures sont réalisées par:

  1. Soit une aiguille fenêtrée, implantée ponctuellement dans la loge, ce qui ne permet pas de mesurer les pressions pendant l'effort. On réalise une prise de pression au repos, ensuite immédiatement après l'arrêt de l'effort déclenchant la douleur habituelle, et ensuite à distance de l'effort (à 15 minutes) afin d'étudier le retour des pressions à leur valeur de départ avant l'effort
  2. Soit un cathéter fendu à son extrémité (slit cathéter) implanté et laissé dans la loge, pendant la durée de l'examen, les mesures sont prises avant, pendant et après l'effort. Les valeurs de pression sont notées immédiatement après l'arrêt de l'effort et ensuite aux 1ères, 2èmes, 3èmes, 5èmes et 15èmes minutes de récupération après l'effort

Les deux techniques sont parfaitement bien tolérées.

Type d'épreuve d'effort

Le patient effectue soit une course à pied, soit une marche rapide sur un tapis roulant électrique incliné à 15 %, avec une adaptation de la vitesse aux capacités physiques du patient, l'arrêt de l'épreuve intervient à la reproduction des symptômes habituellement ressentis par le patient

Les résultats

Au repos, les pressions normales d'une loge musculaire varient entre 0 et 10 mmHg. Pendant l'effort, les P.I.M. varient en fonction de l'intensité de la force développée. Certains auteurs définissent une valeur pathologique au-delà de 35 mmHg.

Les critères pouvant être retenus en faveur de diagnostic sont:

Le traitement des syndromes des loges d'effort

Il n'existe pas de traitement médical des syndromes des loges d'effort, la seule alternative à la chirurgie est la réduction voire l'arrêt des activités sportives.

L'aponévrotomie est le traitement de choix qui permet aux patients, dans la majorité des cas, de retrouver leur niveau sportif d'avant.

La confirmation du diagnostic par mesure des pressions intramusculaires au cours du test d'effort est indispensable pour poser l'indication chirurgicale. Un certain nombre d'examens complémentaires sont parfois indispensables afin d'éliminer d'autres pathologies : bilan sanguin, bilan radiologique, échographie, écho doppler, scintigraphie, I.R.M., spectrographie infrarouge

Auteur : Docteur IDO, CHRU de Lille Centre Hélène Baurel, Raimbeaucourt

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